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Claire FOURIER - L'Amante océane
Récit
Prix : 8,84 €
78 pages
ISBN 2-911361-17-2






PAGE 1 REÇOIT CLAIRE FOURIER LE 12 OCTOBRE 2002

Claire Fourier est une de, ces représentantes
magnifiques de la littérature française qui, de, textes en textes,
vous transporte, vois titille, vous émeut très
profondément, dont l'œuvre a caractère autobiographique
vous envahit vous enveloppe de son lyrisme, vous imprègne
de son amour pour l'amour, l'amour humain presque mystique,
de son hédonisme casanier du quotidien des éléments
vivifiants de la nature.

L'amante océane évoque cet Amour sublime à travers
le moi profond incertain, un cantique des cantiques laïque
(« aller au cœur de Dieu, ,c'est cheminer jusqu'à Son
absence »), un Ave Maria marin. Plus marine que la mer
raconte au jour le jour, la naissance d'une passion exclusive,
au péril du désir et, du plaisir d'une femme excessive,
insaisissable. Ce que dit le vent d'Ouest, le livre préféré de
Claire Fourier, célèbre, à travers sa Bretagne natale, le
Temps, le Vent, le Tourment, le légendaire mais aussi le vécu
reposant d'une maison, d'un jardin, des choses qui vous entourent
de leur magie rassurante. Ce cycle de trois livres
est publié par Jean-Paul Rocher , dont nous saluons bien bas
et ici-bas la rage et le courage ainsi que le beau portrait de
Bernard Noël qu'honore de sa plume notre auteur.

Claire Fourier sait aussi atteindre une gravité
grinçante, une vérité filiale face à la mort, la mort sans
phrase, la mort de la mère, de sa mère. Si C'est de fatigue
que se ferment les yeux des femmes
, c'est de silence que
s'ouvrent les cils des défuntes : la veillée du corps maternel
pendant quatre jours avant l'enfouissement ; la veillée
d'armes entourée d'objets, de voix, d'images, de regrets, de
stupeur, de clairvoyance ; « la ritournelle des épîtres, des
évangiles » vides de sens des prières ou l'on prie « sans
prier personne »; le monologue des êtres autrefois ardents
au Baradoz des Bretons le paradis de la mémoire vivante, le
graal de la vie vivace, car vivable. Dans ce livre alliant le
réalisme macabre à l'identification, Claire Fourier
s'interroge sur sa condition de fille dévoratrice, sa condition
également de mère a son tour dévorée plus sûrement par sa
progéniture et leur descendance que par le feu, le verbe ou
le ver. Ce creusement de soi passe par le creusement de sa
langue maternelle, de la terre-mère, par l'exhumation des
mots, leurs humus, leurs étymologies, s'infinit par la néologie
aussi, l'amour encadrant au final la mort par les deux bouts.
Claire Fourier a publié également, chez Constance de
Bartillat, La Trace et Je vais tuer mon mari...

Louis Harmel – Libraire.