
Souvent ignorés, méprisés, dévalués, les textes d’Armand Robin
qui composent Le combat libertaire ne sont évidemment pas un simple
cri de rage occasionnel comme on l’a cru trop longtemps par facilité:
bien mis en perspective, ils permettent de suivre la genèse de son
engagement et sa constance sur toute une vie.
Ils ont été organisés selon cinq ensembles : un premier regroupe
les écrits antérieurs à l’adhésion à la Fédération Anarchiste en 1945,
et notamment la longue lettre à Jean Guéhenno du 18/07/1935 qui
marque l’entrée de Robin en «anarchisme». Les Poèmes Indésirables
constituent la deuxième partie: écrits en 1943-44 et constamment
réédités, ils étaient épuisés depuis trop longtemps. Les articles parus
de 1945 à 1955 dans le quotidien Le Libertaire, forment la troisième
partie. Les traductions des poèmes d’Ady et de Pasternak dans leurs
versions originales de 1946, autre facette peu connue du militantisme
de Robin, constituent le quatrième ensemble. Enfin, on a regroupé
des textes de 1945 à 1958, qui, par leur tonalité, nous ont semblé
participer de ce parcours libertaire.
Ainsi organisé, ce volume apparemment disparate, correspond en
fait très fidèlement aux souhaits d’Armand Robin pour qui poèmes
personnels, articles de journaux, traductions, voire écoutes de radios
ressortissaient de la même veine, de la même logique, du même travail,
bref d’un même combat.
Ce parcours qui fut le sien, Robin le résume et l’assume parfaitement :
Les poètes de ce siècle, on les reconnaîtra au fait qu’ils auront tout fait en
toute circonstance pour être le plus mal possible avec tous les régimes
successifs, avec toutes les polices, avec tous les partis, cela même au péril de
leur vie et, bien entendu, au prix de gigantesques campagnes de haine et
de calomnie déferlant de tous côtés. |