La morue — de son nom de jeune fille cabillaud — est probablement
le poisson qui, au cours des siècles, a eu l’importance économique
la plus considérable pour de nombreux pays pratiquant la
pêche dans l’hémisphère nord. Au point de provoquer des guerres…
Les conditions de vie des pêcheurs — et il y avait des enfants à bord
— s’embarquant pour Terre-Neuve ou l’Islande sont aussi une page
sociale importante de notre histoire, leur vie n’ayant rien à envier à
celles des bagnards !
Poisson salé et séché (merluche) — mais qui peut aussi n’être que
salé (morue verte) ou que séché ( stockfish) — la morue fut également
poisson de troc, migrant de ce fait jusqu’à l’intérieur des terres,
d’autant que sa méthode de conservation en faisait l’un des rares à
pouvoir pénétrer jusqu’au fin fond des campagnes, à une époque où
l’Église préconisait d’en manger tous les vendredis !
Mais, la morue est aussi le poisson de la gourmandise puisque
selon les Portugais, on peut la cuisiner de trois-cent-soixante-cinq
façons différentes afin qu’elle soit une surprise tous les jours de l’année
! Car la morue, on ne s’en lasse pas…
Blandine Vié est allée traquer ce poisson mythique jusque dans les
eaux glaciales arctiques des îles Lofoten en Norvège ; elle a tenté de
l’apprivoiser et nous dévoile tous ses mystères, notamment dans Les
Mots de la Morue, savoureux lexique de 130 mots, complété par un
glossaire de 257 mots sur les termes de la grande pêche morutière ;
enfin, elle a soulevé des couvercles de marmites dans toutes les cuisines
du monde pour nous apprendre à bien cuisiner la morue et
nous livrer un florilège de 100 recettes qui ont toutes été goûtées. |